vendredi 3 juillet 2026
Les mandataires judicaires à la protection des majeurs protestent contre leurs conditions de travail
Les mandataires judiciaires protestent contre leurs conditions de travail et s’estiment en voie de précarisation. Analyse :
La manifestation nationale des mandataires judiciaires qui ont protesté hier contre leurs conditions de travail et leur trop faible rémunération sur le territoire national a suscité la colère et l’incompréhension des personnes sous tutelle.
Pourtant même si la profession de mandataire judiciaire est loin d’être irréprochable leurs revendications sont parfaitement légitimes et rejoignent les intérêts des protégés ou dits « protégés ».
1°) La manifestation des MJPM : un problème ancien et structurel
Les mobilisations récentes des MJPM indépendants s’inscrivent dans une revendication qui dure depuis des années : une rémunération figée depuis 2014 et indexée sur des barèmes considérés comme obsolètes, alors que leurs charges ont augmenté.
Leur argument principal est simple :
plus de dossiers complexes,
hausse des coûts (carburant, administration, assurances, temps de travail),
rémunération par dossier jugée insuffisante (autour de ~142 € selon certains témoignages et articles récents).
Ils demandent donc une revalorisation et parfois une harmonisation avec les structures associatives, mieux dotées en moyens de fonctionnement.
2° Mais Les réactions négatives, parfois très virulentes, de certaines personnes sous tutelle ou de leurs proches s’expliquent généralement par plusieurs facteurs :
Une expérience vécue de contrôle : la mesure de protection peut être perçue comme intrusive (gestion du budget, décisions administratives, restrictions).
Des situations individuelles difficiles : certains usagers ont eu de mauvaises expériences avec des tuteurs ou mandataires (manque de communication, sentiment de distance, incompréhension).
Une confusion entre “profession” et “autorité judiciaire” : le MJPM agit sur décision du juge, mais il est parfois perçu comme “celui qui décide”, ce qui cristallise la colère.
Les réseaux sociaux amplifient fortement les témoignages négatifs, ce qui peut donner une image très déformée de l’ensemble du secteur.
Conclusion : la critique des personnes sous tutelle est légitime : dénoncer des pratiques, demander plus de contrôle, contester une décision de tutelle.
Dérive problématique : généraliser en considérant que tous les MJPM seraient malveillants ou inutiles.
De l’autre côté, il existe aussi un risque inverse :
des discours professionnels qui minimisent trop facilement le vécu des personnes protégées.
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